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Association pour la protection de l'enfance 

le but de l'adoption Thierry Boutet

Dans l’adoption, la puissance publique ne donne pas un enfant abandonné à des parents qui ne peuvent pas en avoir biologiquement, mais des parents à un enfant.

Le verbe donner prend ici tout son sens. La gratuité participe de l’essence de la filiation. L’enfant ne peut être désiré pour soi, mais pour lui-même.
L’expérience clinique de très nombreux psychologues peut en témoigner, il existe des affections étouffantes au point d’être traumatisante pour l’enfant. La gratuité est une condition nécessaire et essentielle de toute paternité et maternité. Lorsqu’elle n’est pas suffisamment présente, elle devient fréquemment cause de pathologies profondes que l’enfant soit ou non adopté.
Or ce qu’un couple homosexuel ne peut pas donner, c’est ce qui est le plus essentiel à la construction de l’enfant : une double généalogie claire et une vraie paternité–maternité.
Pour se construire, l’enfant a en tout premier lieu besoin de ce vrai papa et de cette vraie maman

Sans une mère identifiée comme telle et un père identifié comme tel l’enfant ne peut construire harmonieusement sa personnalité. Pour l’enfant, le père est celui qui a désiré sa mère et sa mère est la femme dont il est né et qui a désiré son père.
Parmi toutes les espèces, l’humanité est celle qui reconnaît son père et sa mère

La paternité et la maternité ne sont pas des rôles interchangeables. Le père et la mère ne sont pas d’abord des éducateurs. Ils sont d’abord des géniteurs. Il est indispensable que dans l’esprit de l’enfant, soient unis dans une même réalité sa généalogie, le désir de ses parents, sa conception, sa naissance et son éducation. Lorsqu’un de ces éléments faits défaut, l’enfant éprouve les plus grandes difficultés à se construire. Une littérature scientifique surabondante le prouve. 

Comme l’écrit Xavier Lacroix, «la quête douloureuse de leur origine par les enfants nés “sous X”, les difficultés propres à l'adoption indiquent bien que les ruptures dans l'histoire, les dissociations entre les différentes composantes de la parenté, sont autant de complications dans la vie de l'enfant. Dès lors, il est souhaitable qu'à la discontinuité liée à l'adoption ne vienne pas s'ajouter une seconde discontinuité, à savoir la perte de l'analogie entre le couple d'origine et le couple éducateur. C'est a fortiori parce qu'il est adopté qu'un enfant a besoin d'un père et d'une mère.» 

 Thierry Boutet

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